D’abord, ce furent des “rings” (comme celui qui est au-dessus) sur des photocopies d’images de magazines agrandies jusqu’à 1,50m de hauteur; puis, sur des tirages numériques de photos que j’avais prises moi-même, d’autres dessins encore... Aujourd’hui, l’idée de “grandeur nature” me tient à coeur dans de grands dessins dont l’espace est troublé par la présence d’une photo.


Parfois même, je griffe  la photo au papier de verre pour trouver le blanc du papier. Dessiner sur ce que la photo figure revient presque à deviner ce qui se trame en elle, à découvrir comme une présence tapie dans l'image.


Le dessin  ajoute des éléments à la vue d'origine, ou l'obscurcit en transformant, d’un voile de gribouillis noir, l'ambiance lumineuse. Cela peut faire penser à une forme - plutôt primitive - de retouche d'image, un clin d’oeil ironique à Photoshop. Mais il s’agit surtout d’affirmer ce faisant les subtilités du dessin "à la main". C'est un "travail" sur la frontière qui sépare et/ou réunit dessin et photographie. Chacun à sa manière, tous deux ont un pied dans l'illusion et l'autre dans le réel. Je joue sur leurs capacités de créer un espace. Le dessin autorise tous les possibles et figure espace et profondeur grâce à des codes de représentation, alors que la photographie instaure d’emblée un sentiment immédiat de réalité.


Mêlant les deux, je réalise des "images" qui donnent à voir quelque chose comme des fictions réelles, des pensées visibles ou des songes en vrai, pour tout dire des espaces ambigus propices à exprimer des émotions ou des évènements imaginaires au cœur d'un lieu certifié réel par la photographie.


Dans le cas des "installations", comme par exemple "Vrais Songes", réalisée en juin 2004 dans le jardin de la Fondation Rothschild, ce trouble est décuplé par les conditions de l'échelle grandeur nature, et la présence dans un lieu réel de sa propre image métamorphosée.



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